Les messages de l'invisible


Brigitte Reitz est médium. Les premiers messages de l'invisible lui sont parvenus après la disparition brutale de son fils Matthieu. Elle est l'auteure de deux livres "au revoir ma petite maman" et "merci ma petite maman". Conférencière, elle nous parle de son expérience du deuil et à travers les messages qu'elle reçoit, elle met du baume sur la profonde souffrance des personnes qui ont perdu un être cher. Elle est également en lien avec l'Afrique, où là aussi, elle tente d'apporter son aide avec son association TamTam créée en 2006.


Peux-tu nous expliquer comment se manifeste tes capacités et de quelle manière, les messages arrivent jusqu'à toi ?

Je peux recevoir des messages des défunts et des guides et la plupart du temps, je transmets ces messages en écrivant. Dès que je suis en mode “réception” (lol) ma main se met à écrire. L’écriture est différente à chaque fois et reflète parfois celle du défunt. On obtient aussi assez souvent des dessins.

En conférence, je transmets les messages verbalement bien sûr.


De quelle façon t’assures-tu que les messages que tu reçois en consultation proviennent de la bonne personne et pas d’un esprit « farceur » ?

La première chose c’est que je demande à la personne qui consulte de ne me dire absolument rien avant la consultation. Je ne veux connaitre que son prénom. Rien sur les raisons de sa demande, rien sur le ou les défunts qu’elle souhaite avoir en contact.

Au fur et à mesure du message, des “repères” seront donnés. La plupart du temps ces repères sont des prénoms de personnes (vivantes ou décédées) mais connues du ou de la consultante. Le défunt donnera par exemple les prénoms de ses parents, des frères, sœurs, oncles ou tantes, mais aussi des surnoms connus des consultants.

Quelquefois le prénom donné n’évoquera rien mais la date à laquelle se fête ce prénom sera par exemple la date de naissance de quelqu'un de proche, du consultant ou du défunt lui-même. Les repères peuvent aussi des mots précis concernant une situation donnée du défunt ou de la personne qui consulte. Et puis assez souvent, dans le cas de consultation par téléphone, je vais pouvoir donner des descriptions d’objets se trouvant près du consultant. Un autre type de repère, parfois moins agréables pour moi, sera des sensations physiques évoquant les circonstances du décès (douleur violente au cœur si crise cardiaque, à la gorge si cancer voire pendaison, etc…).


Comment fais-tu pour ne pas te laisser envahir par ces messages ?

Mdr, je fais comme avec le téléphone, je coupe de temps en temps… Sérieusement.

Les premières années (il y a 15 ans déjà !) je ne recevais que des messages de mon fils et bien sûr je ne mettais aucun frein, j’étais toujours disponible et je cherchais moi-même ces contacts.

Quand j’ai compris que je pouvais transmettre à d’autres personnes, il se trouve que j’avais une autre activité professionnelle et je ne pouvais pas tout mélanger. Aussi curieux que cela puisse paraître, j’ai “parlé” avec cet au-delà, ces forces qui m’envoient des messages et j’ai dit “ok, je ferai cela puisque je ne peux refuser, mais soyons clairs, j’ai ma “vie” à mener, mon boulot, la famille, les ami(e)s et je ne veux pas me priver de cela”. Et cela se passe exactement comme cela. Je n’ai guère à me soucier de mon emploi du temps. Comme par hasard, si j’ai une activité personnelle intense, les demandes de consultations seront plus rares et inversement !


Quelle est ta vision des épreuves que la vie met sur notre chemin ? Quelle leçon en tirer ?

Le titre d’une des conférences que je propose est “L’épreuve pour les preuves…” Je crois que nos épreuves nous servent à grandir, à garder confiance dans ces forces d’amour qui nous guident. Elles nous servent à garder foi dans la poursuite de la vie, de l’incarnation vers la désincarnation (et réciproquement d’ailleurs car je suis convaincue de la “réincarnation” je mets ce mot entre guillemets car cela mériterait d’être développé). Ces épreuves nous apprennent ce qu’est l’amour inconditionnel.


Par rapport au drame que tu as vécu, qu’aimerais-tu dire aux personnes qui vivent la même chose ?

Oh lala comme cela est difficile de répondre à cela. On me demande si souvent “pourquoi vous arrivez à communiquer avec eux et pas moi”... Je n’ai pas cette réponse. Je reviens sur cette notion d’amour inconditionnel. Je crois que c’est cela qui a permis la communication avec mon fils. J’ai la conviction que ma confiance a justement dans les débuts, été testée… Il faut lire mon premier livre “Au revoir ma petite maman”...

Bien sûr je répondrai que c’était le chemin de cette âme qui est partie. Bien sûr je dirai que la douleur pourra s’apaiser, être moins présente mais je ne mens pas : elle ne disparaît jamais complètement… Je ne crois pas… On doit apprendre à vivre avec cette absence....


Tu as fondé en 2006 l’association TAM-TAM, peux-tu nous en parler ?

L’association TAM-TAM est l’une des missions qui m’a été révélée en même temps que ma médiumnité. L’objectif est d’apporter de l’aide pour l’eau potable au Cameroun (là encore lire Au revoir ma petite maman”, les messages de Matthieu, qui a d’ailleurs lui-même donné le nom de l’association, sont très clairs). Toutefois les “épreuves” sont coriaces et j’avance modestement avec les aléas de ma propre vie qui m’ont empêchée assez souvent d’aller aussi vite que ce que j’aurais voulu. J’avance donc au rythme qu’il m’est possible de suivre et avec ces “épreuves” en gardant confiance en n’oubliant pas que les petits ruisseaux finissent par former des grandes rivières.

J’ai beaucoup appris de mes premières expériences, des premières relations avec le Cameroun et j’ai encore tant à apprendre…

Je vais effectuer prochainement avec une amie, un nouveau voyage au Cameroun, pour aider deux orphelinats (l’un à Douala, l’autre à Edéa) à améliorer leurs conditions sanitaires. Je vous rapporterai des photos ! Des amis sur place sont mes relais et dernièrement grâce aux dons reçus par l’association, ils ont pu équiper l’orphelinat de Mandrapp à Edéa de matelas et de petit matériel d’hygiène courant. Je voudrais trouver un ou des parrains/marraines qui

s’engageraient à long terme pour financer le salaire d’une personne pour l’entretien et la cuisine...


Tu es également auteure de deux livres « Au revoir ma petite maman » et « Merci ma petite maman », que t’apporte l’écriture ?

En fait ces livres m’ont été imposés par les événements. Ce n’était pas à proprement parlé mes choix (il faut décidément lire au minimum “Au revoir ma petite maman” pour comprendre cela).

C’est évidemment agréable de se dire “j’ai publié deux bouquins” (ah l’égo ! ) mais surtout ils permettent à bien des personnes de mieux comprendre comment la médiumnité peut se révéler après une si grande épreuve.

Je sais que mon témoignage a déjà aidé plus d’une personne à faire face à son propre deuil et rien que pour cela, je me dis que tout ce que j’ai traversé valait la peine d’être vécu.


En ce qui concerne l'effet thérapeutique je dirais que ce n'est pas à proprement le fait d'écrire qui m'a aidée. Ce qui m'a aidée c'est la certitude absolue que ces messages venaient bien de Matthieu. Ce n'est pas la même chose que d'écrire son histoire pour se guérir (dans ce cas, je pense que ce qui aurait été écrit aurait été de l'ordre de l'expression du passé, de ce qui nous avait conduits à cette situation et au départ volontaire de Matthieu).

Dans le cas de cette écriture médiumnique, c'est vraiment du "courrier" que je reçois de Matthieu (d'ailleurs c'est comme cela que j'appelle ces feuilles que j'envoie systématiquement aux personnes qui consultent, c'est leur courrier, je ne suis que la main qui transmet). Ce que je veux dire c'est que ce qui a permis ma "guérison" (suis-je guérie ?) c'est d'avoir des nouvelles de Matthieu, de discuter avec lui. Cela s'est manifesté pour moi par l'écriture, cela aurait peut-être pu prendre une autre forme (comme la T.C.I. par exemple).

Ce qui me fait du bien, ce n'est pas en soit "d'écrire" mais d'être en contact avec lui. Comme si nous étions au téléphone en quelque sorte. Ces moments sont tellement merveilleux comme pour toute maman qui reçoit des nouvelles de son enfant parti faire un voyage extrêmement long, extrêmement loin...


Pour compléter mon propos au sujet de l'écriture thérapeutique...

Voici un des poèmes que j'ai écrit durant toute la période si noire (période qui a commencé le 26/10/2001 avec l'hospitalisation de Matthieu en hôpital psychiatrique ; il en est sorti fin août 2003 et s'est suicidé le 5/11/2003, décédé après coma le 10/11)

D'autres textes "guérisseurs" sur mon blog, onglet "poèmes"...


Écrire

Écrire encore

Écrire pour oublier

Pour oublier ta mort

Écrire

Écrire en vain

Écrire

Pour oublier, enfin !


Vous aurez l’occasion de rencontrer Brigitte sur le Salon Bien-Être et Art de Vivre des 16 et 17 mars prochains, elle vous proposera de vous transmettre un message médiumnique par écriture automatique.

Retrouvez-la sur son blog http://petitemamantamtam.blogspot.com

et le site de l’association tam-tam http://asso-tamtam.fr


Propos recueillis par Stéphanie Brimont Thirriard

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